La tendinopathie du tendon d’Achille est une pathologie fréquente qui se manifeste par une douleur à l’arrière de la cheville, souvent ressentie lors de la course, du saut ou de l’accélération. Elle touche particulièrement les coureurs, les sportifs pratiquant des sports d’impulsion, ainsi que ceux dont l’entraînement est intense ou mal adapté. Si elle n’est pas prise en charge rapidement, la douleur peut devenir chronique et limiter sérieusement la pratique sportive.
Les stratégies modernes de traitement visent à soulager la douleur tout en maintenant l’activité physique, grâce à des protocoles personnalisés et progressifs. Le renforcement spécifique des mollets et du tendon d’Achille, combiné à des exercices d’étirement et de mobilité, permet de restaurer la force et l’élasticité du tendon tout en corrigeant les déséquilibres biomécaniques qui favorisent la surcharge. La rééducation fonctionnelle, incluant le travail proprioceptif, la correction de la technique de course ou de saut, et l’adaptation du matériel (chaussures, semelles), est un pilier central du traitement.
Selon les besoins, des techniques complémentaires peuvent également être utilisées : ondes de choc, massages ciblés, taping fonctionnel ou séances de physiothérapie spécialisée. Ces méthodes favorisent la cicatrisation du tendon et accélèrent le retour à l’activité sportive. Le suivi par un médecin du sport permet d’ajuster progressivement les charges d’entraînement, de prévenir les facteurs de risque et d’assurer une reprise sécurisée et durable.
En combinant diagnostic précoce, rééducation ciblée et suivi encadré, il est possible de traiter efficacement la tendinopathie d’Achille, de réduire la douleur et de retrouver une pratique sportive confortable et performante, sans risque de récidive.
Protocole de rééducation pour la tendinopathie d’Achille
1. Échauffement fonctionnel (5–10 min)
Marche rapide ou vélo léger
Mobilisations dynamiques : flexion-extension de cheville, rotations de la cheville, balancement des jambes
2. Étirements et mobilité
Étirement du tendon d’Achille et du mollet : appui contre un mur, jambe arrière tendue, talon au sol (30 s × 3 par jambe)
Foam roller / massage du mollet : rouler doucement les muscles du mollet pour relâcher les tensions (1–2 min par côté)
Mobilité de la cheville : cercle de cheville, flexion dorsale/plantar (10–15 répétitions)
3. Renforcement progressif du tendon
Phase initiale : renforcement excentrique (tendance à réduire la douleur et stimuler la cicatrisation)
Élévation sur la pointe des pieds avec descente lente (pied affecté derrière, descente en 3–5 s) : 3 × 15 répétitions, 1–2 fois par jour
Surélever l’avant-pied sur une marche pour augmenter l’amplitude si toléré
Phase intermédiaire : renforcement fonctionnel
Ponts sur les talons / ponts fessiers : 3 × 12–15 répétitions
Squats sur demi-pointe (élévation talons pendant le squat) : 3 × 10–12 répétitions
Step-up sur marche basse avec montée sur pointe : 3 × 12 répétitions par jambe
4. Travail proprioceptif et équilibre
Équilibre sur un pied : 2–3 min par jambe, yeux ouverts/fermés
Petits sauts latéraux ou verticaux contrôlés : 2 × 30 s
Planche latérale avec flexion-extension de jambe : renforcement des chaînes postérieures et gainage
5. Reprise progressive de l’activité
Course ou vélo sur terrain plat, progression douce en distance et intensité
Surveiller toute douleur >3/10 sur l’échelle visuelle et ajuster les charges
Adapter chaussures et technique (foulée, cadence, type de terrain)
Conseils clés
La régularité prime sur l’intensité : mieux vaut 10–15 min par jour que de longues séances irrégulières
Le protocole est progressif : commencer sans douleur et augmenter lentement
Le suivi par un kinésithérapeute ou médecin du sport permet d’ajuster les exercices et la reprise sportive